J’aurais aussi pu nommer cet article « Finalement, ça ne s’est pas si mal passé », car à force de parcourir les articles de blogs, les pages de forum, les commentaires divers et variés j’anticipais énormément ma première visite chez le roi de la pompe à la semelle rouge : Christian Louboutin. Depuis plusieurs années à m’intéresser à la mode et cumuler les basiques et autres pièces colorées dans ma garde robe j’ai évidemment été attirée (comme beaucoup) par les célèbres paires de chaussures à la semelle écarlate. Hypnotisantes, tranchantes, vibrantes et sublimes, il me les fallait.
Attirée comme mon chat devant un paquet de croquettes tout neuf j’étais affamée d’enfin pouvoir, moi aussi, habiller mes pieds de ces souliers tant fantasmés. Car oui j’ai des fantasmes matériels : des chaussures, des sacs, des vestes, du maquillage (mais ça vous le savez déjà). J’aime les belles choses, et pour la plupart d’entre elles, cela ne restera probablement qu’un doux rêve sans conséquences financières. Mais les Louboutins m’obsédant depuis des années (sept ans environ) (quand même) me semblaient désormais être un luxe devenu « abordable » mes économies me permettant ce gouffre financier. Alors j’ai pris mes billets de train pour Paris, organisé un long weekend et me suis rendue dans l’une des trois boutiques Christian Louboutin de la capitale.
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Comme je suis légèrement névrosée j’avais préparé le terrain en amont. J’avais repéré les modèles qui me faisaient envie, les boutiques les plus favorables pour les trouver, l’heure et le moment de la semaine durant lesquels il était le plus avantageux de se pointer pour claquer l’équivalent d’un loyer. Et comme l’ensemble des avis que j’avais lu sur les blogs n’étaient pas les plus positifs quant à l’accueil des « madame-tout-le-monde » dans les enseignes de la semelle rouge j’avais sacrément la trouille le jour J de mettre mon nez dans l’antre du démon. Allais-je être mal reçue ? Ma première expérience avec mes chaussures de rêves allait-t-elle demeurer un bon souvenir ? Des clientes beaucoup plus riches que moi allaient-t-elles être privilégiées ? Tant de questions finalement futiles et presque déplacées puisqu’après tout j’étais celle qui allait dépenser mon argent. Pour une paire de chaussures. Enfin deux, mais ça nous y viendront après.
J’ai repris mes esprits et me suis forcée à relativiser en arrivant devant la boutique et les choses sérieuses ont commencé.
Comme j’avais pris mes précautions je suis arrivée un bon quart d’heure avant l’ouverture de la boutique, ouverture plus tardive que l’ensemble des commerces que je fréquente puisqu’il était 10h15. Le personnel était déjà présent dans le petit magasin et j’ai pu constater que deux des mythes de l’internet étaient bien réels : un portier garde effectivement la porte et une cliente plutôt fortunée voulait à tout prix entrer dans la boutique récupérer ses chaussures avant de prendre l’avion. Pour autant tout s’est bien passé, à dix heures et demie tapantes le portier a libéré l’entrée et à peine entrée dans le magasin une vendeuse s’est aussitôt occupée de moi.
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Je lui ai indiqué avec entrain que je venais faire l’achat de mes premières paires et que je désirais acquérir des classiques afin de les porter partout, tout le temps et surtout longtemps. Elle m’a fait faire le tour de la boutique (pas plus grande que mon salon mais terriblement belle et lumineuse) et présenté les différents modèles qui pouvaient me convenir en termes de formes, de hauteurs de talons ou de coloris. Une fois mes goûts et désirs en tête elle m’a invitée à prendre place sur le canapé présent dans la pièce et est revenue avec plusieurs boites siglées « Louboutin » contenant peut-être mon bonheur. Après plusieurs essayages et ajustements, de nouvelles boites en carton à mes pieds et un grand sourire collé aux lèvres j’ai fini par jeter mon dévolu sur deux paires allant traverser les années avec moi : une paire noire et une paire nude. Plus classique tu meurs.
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J’aurais évidemment voulu céder à la tentation de ces magnifiques escarpins en velours bleu extrêmement dynamiques et attractifs ou ces belles chaussures en python au motif complètement canon et délicatement coloré mais pour l’une c’était encore un risque de ne pas les porter souvent et pour l’autre l’impossibilité totale de les acheter. J’ai ainsi décidé de ramener à Lyon une jolie paire d’escarpins nudes vernis dans le modèle « Ron Ron » (comme le chat ou l’un des membres de la fratrie Weasley c’est au choix) pour leur forme douce, à la cambrure élégante et aux talons complètement praticables leur base étant plutôt « épaisse » et donc stable. Le fini vernis venait ajouter au tout une touche très girly et permettant au coloris « nude » d’harmonieusement se fondre avec ma peau.
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L’autre paire fut pour moi l’inattendu coup de cœur. Comme beaucoup d’admiratrices de la marque je souhaitais acquérir une paire du fameux modèle « Pigalle » pour son design diablement sexy et féminin. Mais comme souvent, pas de chance, le modèle était victime de son succès et plus une seule paire en stock. Pour me consoler la vendeuse m’a fait découvrir les « Décolleté » des escarpins à la cambrure absolument canon et aux extrémités moins pointues auxquelles je ne suis pas tellement habituée et que je délaisse souvent pour les mignonnes chaussures à bouts ronds. Les « Décolleté » virent donc habiller mes pieds et en moins d’une seconde je craquais pour leur rendu à la fois chic et rock, le bout pile poil entre l’arrondi et le pointu terminant de me séduire. Le cuir noir brillant et de bonne qualité des chaussures tranchant merveilleusement bien avec les semelles rouges je suis immédiatement tombée amoureuse et ai aussitôt décidé d’ajouter cette paire à la liste de mes futures acquisitions.
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J’ai donc acquis en une petite matinée deux belles pièces de l’un des chausseurs les plus populaire : les « Ron Ron » nudes vernies et les « Decolleté » en cuir noir mat toutes les deux en talons de dix centimètres. Deux paires que je compte bien porter régulièrement et avec le plus de tenues possibles !
Quelques astuces à savoir avant de vous lancer vous aussi dans l’aventure Louboutin ?
- Quand venir et dans quelle boutique ? Dans l’idéal je vous recommande de vous pointer en semaine afin d’éviter la foule du weekend et de préférence dans la matinée. La vendeuse m’a par ailleurs confié que la plupart des gens venaient en deuxième partie de journée étant ainsi contraints de faire la queue à l’entrée du magasin. Les boutiques ne pouvant pas accueillir beaucoup de monde ceci crée souvent de l’insatisfaction à cause de l’attente et / ou de l’indisponibilité des modèles.
- Les vendeurs sont-ils hautains et inaccessibles ? C’était l’une de mes principales craintes et je n’ai pas du tout eu affaire à ce type de profil. Je me suis rendue rue de Grenelle où les vendeurs et vendeuses étaient adorables, souriants, accueillants et de bon conseil. Evidemment je ne peux pas parler pour les vendeurs des autres enseignes mais je pense que quand les vendeurs ont le temps de pouvoir s’occuper de vous l’expérience ne peut que bien se passer c’est pourquoi je vous recommande de venir le matin.
- Comment entretenir mes chaussures ? Je recommande de faire poser un patin sous vos chaussures, les semelles étant fines il serait dommage à force de les porter de les trouer. Après une dizaine d’utilisation, vous pouvez vous rendre chez votre cordonnier. Pour ce qui est de l’entretien du cuir, appliquez le même traitement qu’au reste de vos chaussures.
- La semelle rouge va-t-elle s’user ? Oui. S’agissant de laque déposée sur la semelle elle va forcément se griffer et disparaître. Mais pas de panique ceci n’arrive que sous le patin de la chaussure et donc la partie non visible (celle toujours colée au sol), pas de risque de voir le reste de la semelle se ternir. Ou bien vous avez une façon très louche de porter vos escarpins.
- Comment les paires sont-elles taillées ? Vais-je chausser plus petit ? Personnellement je recommande d’essayer au moins votre première paire en boutique pour vous faire un avis. Pour certaines il a fallu porter plus petit, d’autres plus grand, moi je n’ai pas eu à « changer » de taille. Cependant les vendeurs vous font d’abord essayer les chaussures avec des mi-bas (pas franchement glamours) pour que votre pied glisse bien dans le soulier puis sans afin de vérifier que votre pied est bien adapté.
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J’espère avoir pu retranscrire ma visite chez Christian Louboutin le mieux possible et vous avoir fait vivre mon expérience avec moi. Si ce n’est pour un achat, je recommande aux curieuses de se rendre dans l’une des boutiques pour la décoration, l’étalage de souliers de princesse, de couleurs chatoyantes et de semelles rouges hypnotisantes. J’en garde donc un très bon souvenir (encore bien frais) (comme mon rhume) et pense déjà à l’achat d’une nouvelle paire, vous savez, ces fameux escarpins en velours bleu… C’est beau de rêver !