16.3.14

Ma jupe, ma bataille ?

Prenez une histoire d’agression sexuelle, une jupe, un article racontant les faits et les commentaires sur ce dernier. Disposez-les dans un sac, mélangez le tout et vous obtiendrez une belle histoire de Slut-shaming. 


Source : Slutwalk France

Slut-shaming : consiste à faire se sentir coupable ou inférieure une femme dont l'attitude ou l'aspect physique seraient jugés provocants ou trop ouvertement sexuels, qui cherche à se faire avorter, ou même qui a été violée.


Si je fais appel à tous ces éléments c’est parce que cette semaine j’ai été bouleversée par un témoignage (malheureusement un parmi des milliers) racontant l’agression de la blogueuse et ex rédactrice de Madmoizelle : Jack Parker. Comme si une première agression sexuelle ne lui avait pas suffit l’an dernier, un homme s’est chargé de lui faire revivre une nouvelle expérience dégradante et violente dans le métro parisien. En entrant dans la rame elle n’a pas vu l’homme qui se tenait derrière elle et qui s’est permis pendant le trajet de glisser ses doigts dans son entrejambe.  Heureusement pour elle, Jack Parker a de bons réflexes et s’est justement permis de se défendre en rappelant à l’aide de ses poings au quadra mal intentionné qu’il était hors de question qu’il poursuive son exploration plus longtemps et sans permission. 

Si l’acte en lui même est déjà hautement révoltant ce qui m’a le plus choquée a été la publication de commentaires signifiant clairement à l’auteur qu’elle était mal placée pour venir se plaindre et qu’elle aurait mieux fait de faire attention à sa tenue vestimentaire. Pire, elle aurait même dû s’y attendre. Au lieu d’être soutenue et réconfortée face à l’attaque qu’elle a subie, Jack Parker s’est donc fait fustigée par un certain nombre d’internautes lui reprochant son attitude (de s’être défendue) et sa tenue vestimentaire. On pourrait même aller plus loin, je crois qu’on lui a reproché d’être femme. 

Encore plus de magnifiques témoignages d'étroitesse d'esprit par ici
Ce qui me surpasse dans l’absurdité et la violence des propos tenus par tous ces hommes visiblement mal informés sur la « bonne » conduite a avoir avec une femme (ou même un être humain en général) c’est leur discours quasiment uniquement basé sur la tenue de la victime. Elle était en jupe. 

Drame.

Alors oui mesdames sachez que porter une jupe ou une robe vous rendra responsable de tous les regards se portant sur vous, des mains voulant éventuellement s’aventurer un peu plus avant ou bien des attouchements sexuels qui en découleront. Si vous aimez porter des pantalons, des leggings des shorts ne vous imaginez surtout pas épargnées. La responsabilité d’être une femme conviendra également pour vous incomber la peine de « provocation ». 

"Judgments" par Rosea Lake
Dans toute cette histoire l’être humain n’est pas pris en compte. La femme n’est pas vue comme un être capable de sentiments, d’émotions en tous genre ou encore responsable d’elle même. Elle est une jupe. Une jupe qui symbolise sa féminité et envoie un signal. Son corps n’est qu’un produit, un objet mis en valeur par un vêtement qui devient le média d’information sensuelles, sexuelles, d’appel au rapprochement. C’est en tout cas le discours tenu par plusieurs internautes à la suite de la publication du témoignage de Jack Parker. Pour ces hommes, elle n’aurait pas dû s’habiller de la sorte si elle ne voulait pas faire face aux conséquences, elle n’avait qu’à assumer ses choix vestimentaires, s’effacer derrière le message qu’elle représentait. Elle était coupable, son agresseur ne pouvait donc que craquer face à tant de tentation, il n’a agit qu’à cause d’elle. Qu’en conclure ? Parce que je porte une jupe je mérite qu’on me touche ?

Ces réflexions absolument déplacées et incorrectes me révoltent d’autant plus que dans mon quotidien et dans celui de pas mal d’entre nous, femmes de tous âges, nous finissons par le « cautionner » par lassitude ou par peur. Evidemment j’utilise de GRANDS guillemets quand j’écris que nous « cautionnons », je veux dire par là que par crainte nous finissons par nous adapter au comportement anormal pouvant exister avec le port de la jupe ou de la robe. J’ai cette semaine (et comme la plupart du temps) voulu me mettre en jupe, le temps étant encore frais j’ai agrémenté le tout d’un blouson dévoilant ma jupe. Une fois en bas de chez moi en m’apercevant dans le miroir du hall d’entrée j’ai constaté que ma jupe était bien visible et qu’elle risquait de me poser problème lors de mon retour dans la soirée en métro. Pourtant l’ensemble n’était pas vulgaire, la jupe n’était pas particulièrement courte, ni colorée, la tenue plutôt passe partout mais par peur de subir les regards, les mots, l’éventuelle agression je suis remontée chez moi pour choisir un manteau plus long.

"La nuit dans le métro, 8 personnes sur 10 sont des hommes" Source : Projet Crocodile
Certains après d’être fais surpris ou remis en place  nous reprochent parfois de ne pas voir à travers ces gestes un acte de flatterie, que nous devrions nous sentir chanceuses d’être appréciées par la gent masculine. En plus de nous habiller pour provoquer nous sommes taxées d’ingrates et de pauvres femmes n’acceptant pas les compliments ou n’ayant pas d’humour. Qui n’a d’ailleurs jamais eu droit au très classique « Hé t’es charmante » suivi du très célèbre « Non mais en fait t’es moche ». Oui les filles notre rôle est d’accepter la flatterie, l’appréciation générale d’hommes sans conscience de l’autre. 


Et c’est là qu’on touche à l’un des plus grands problèmes de notre société, l’un de ceux qui contribue à l’énorme clivage homme-femme, celui qui touche à l’identité, à l’estime de soi. 

On décrit souvent une femme « féminine » comme une femme qui prend soin d’elle : elle se maquille, elle se coiffe, porte des robes ou bien des jupes ou encore des décolletés.  Si elle veut être plus sensuelle ou « sexy » elle va même oser les chaussures à talons, porter du parfum laissant une « trace » sur son passage, elle se permet peut-être du rouge à lèvres rouge qui va attirer l’attention, la mettre en valeur. Visuellement elle plait et va répondre au cahier des charges de l’image « féminine et sexy » correspondant à la majorité des hommes. Si elle n’y répond pas elle sera une prude, une timide, une femme qui ne mérite pas leur attention, un être humain qui n’est pas une femme. 

Mais voilà, si une femme se permet de mettre en valeur sa féminité ou bien les parts d’elle qui lui plaisent ce n’est pas pour le bonheur de la gente masculine.  Si j’aime porter des jupes ou des robes c’est parce que je trouve qu’elles me vont, parce que ça met en valeur mes jambes, que je me plais dans ces vêtements, je n’ai pas nécessairement besoin du regard d’un homme pour me plaire. 

Source : hannamade.wordpress.com
La femme, à travers l’histoire de Jack et les commentaires en découlant, devient responsable du regard de l’homme, elle attire son attention. Elle cherche son attention. 

J’ai envie d’hurler que NON. Non la femme n’est pas responsable du manque d’éducation ou de maîtrise que des hommes faibles et mal attentionnés peuvent avoir. Il est grand temps d’arrêter de culpabiliser la femme et de vivre sous la tension et les règles de « bonne conduite » établis par ces hommes pour ne pas subir leurs attaques.  J’estime avoir le droit de m’habiller comme il me chante, d’attirer l’attention ou non sans avoir à subir les pulsions de personnes n’ayant aucun respect pour l’être humain. 

            







Source : franchesca








J’en ai marre de lire ou de voir des reportages racontant comment des jeunes femmes ont mis fin à leurs jours à cause de la pression et des reproches qui pesaient contre elles à cause d’un comportement ou d’une tenue vestimentaire. Combien de femmes (souvent aux Etat-Unis) ayant été tenues responsables du viol qu’elles avaient subit parce qu’elle étaient alcoolisées ? Combien de femmes mises en cause par l’opinion publique parce qu’elles reprochaient aux hommes de s’être comportés de façon anormale avec elles alors qu’elles étaient en robe (courte d’autant plus) ? Que penser de la femme et bourrée et habillée en robe se faisant agresser ? Ici l’homme n’est jamais vraiment remis en question, il est presque excusé de son comportement puisque la femme lui offrait tous les signes, tous les appels à la tentation.

Alors qui tenir pour responsable dans tout ça ? L’éducation des êtres se permettant ces gestes ignobles ? L’hypersexualisation dans les médias, les films, les séries, la musique ? La notion de « respect » en totale perdition ? Une liberté d’action exacerbée ? Les modes vestimentaires diverses et variées ? 

Je pense qu’il est ici nécessaire de revoir la notion de respect de l’être humain, de traiter les hommes et les femmes comme des être responsables capables de réflexion, de recul et de respect mutuel. Il n’est plus possible de voir la femme comme un objet ou un vagin et il n’est plus envisageable pour toutes les femmes de voir l’homme comme un animal incapable de maîtrise de soit. Les moeurs doivent changer, les humains réapprendre à vivre en société. 


J’espère que mon laïus n’aura pas été trop pénible à lire mais il me fallait extérioriser cette colère, cette incompréhension, vis-à-vis du point de vue de certains hommes envers la femme. J’espère de tout cœur que les mentalités vont évoluer (des deux côtés, les hommes ne sont pas toujours les seuls a avoir ce type de mentalité).  N’hésitez pas à me partager vos expériences, vos retours. Vous pouvez également poursuivre l’expérience avec Francesca ou Lacy Green qui expliquent très bien le phénomène ou avec la vidéo ci-dessous un court métrage d'Eléonore Pourriat présentant le phénomène d'un point de vue inverse.



13.3.14

Les Bourgeoises - Sylvie Ohayon

Les Bourgeoises c'est le livre qu’on attrape parce que sa couverture a attiré notre regard et son titre dessiné un sourire amusé sur nos lèvres. Mais quand nos yeux commencent à parcourir les mots et le phrasé à la fois brut et terriblement travaillé de Sylvie Ohayon nos sentiments se bousculent : le rire, la consternation, la révolte, la compassion… tous interviennent au fil de notre lecture.


Derrière un titre caricatural et un résumé à l’apparence légère Sylvie Ohayon nous dévoile un univers dissimulé sous une multitude de clichés parfois justifiés. Elle nous propose de partir à la découverte de son parcours initiatique, de son apprentissage de la vie de « Bourgeoise » de son adolescence à ses trente ans.  Cependant le roman ne s’arrête pas à un défilé de descriptifs de portraits de bourgeoises plus ou moins folles, il prend corps et sens grâce au parcours de l’auteur. Née à La Courneuve elle doit apprendre à se faire une place dans un monde n’étant pas le sien. Un monde qu’elle méprise et qu’elle souhaite pourtant intégrer à la fois. 

« Je regardais Les Petites Bourgeoises de Paris passer les unes après les autres sur le catwalk de la rue de la Pompe (ça ne s’invente pas) et je faisais ma sélection : les Weston de la blonde, la doudoune de la grosse, les bottes de la troisième, celle qui se planque sous ses mèches pour cacher son gros cul pas autorisé en ces contrées de contention en tout.
Je passais commande, c’était mon net-à-porter bien avant l’invention d’internet. J’inventais la mode du vintage avant l’heure. Je recyclais. (...) Alors je devenais complice. Je faisais mes courses sur les trottoirs du XVIe, j’en redemandais parfois. Je préparais ma garde robe parisienne. Mon garde du corps, celui qui me protègerait, garderait secrètes mes origines ; je ne serais pas démasquée. J’aurais l’allure riche, mais l’allure, c’est comme l’amour. On y a droit ou pas. Ça ne s’achète pas. J’étais une enfant à l’intelligence encore verte, je pensais que l’habit ferait de moi le moine . »


Depuis toujours fascinée par les belles choses et s’étant très tôt intéressée à la prose et à l’univers des grands auteurs du XIXe elle possède un sens du beau et de l’élégance qui la pousse à vouloir se faire une place dans le cadre social des « bourgeoises » et se détacher de son quotidien. Alors quand elle intègre un lycée fréquenté par les filles de bonne famille son monde se trouve bousculé. Elle fait face au mépris, à un monde à l’apparence confortable mais au quotidien codifié, à des âmes souvent fermées et froides. Elle va y vivre le rejet ce qui la poussera à toujours plus s’imposer dans ce  monde ne lui étant pas familier. 

Nous ferons la rencontre au fil des chapitres de jeunes adolescentes méprisantes enfermées dans la mentalité fermée de leur monde, de jeunes adultes voulant rejeter leur univers tout en en suivant toujours les codes, des femmes blessées en recherche et en manque constant d’affection se noyant dans des montagnes de luxe pour y trouver un semblant de reconnaissance et d’appartenance. Mais nous faisons surtout la rencontre de l’auteur au début jeune adulte puis femme prenant place dans un monde où elle a gagné sa place mais qu’elle juge toujours aussi sévèrement qu’elle même.

Car tout l’esprit et la vivacité du livre réside dans le paradoxe que vit l’auteur et personnage principal de ce livre. Si elle souhaite s’imposer dans l’univers matériellement confortable des bourgeoises en adoptant un train de vie similaire et en s’entourant de bien matériels faisant état de sa réussite elle ne peut s’empêcher de contester et critiquer la mentalité et le comportement de ses nouvelles pairs. Trouver sa place entre confort matériel, accomplissement professionnel et culpabilité de trahir ses origines et convictions ne s’avère pas simple. 
« Elle admirait son père qui était un homme cultivé comme un kibboutz 2.0, érudit et peu âpre au gain, si bien qu’elle culpabilisait de gagner plus d’argent que lui. Elle dépensait chez Colette, la boutique la plus chère du monde, des smics en chiffons japonais, elle ne pouvait pas être plus riche que lui, puisqu’elle lui était intellectuellement inférieure. Elle jetait son argent par les fenêtres des magasins chics (mais dans le sens inverse à celui habituellement observé), et elle et moi on avait ça en commun. J’avais honte, au début, de gagner en quelques jours deux mois du salaire de ma mère. Les parents de Charlotte étaient des gens qui exerçaient des métiers nobles, ils étaient docteurs en quelque chose, tous les deux, elle ne serait jamais docteur en publicité. C’était là son drame. »


Si elle s’attaque avec ardeur à certains portraits pour lesquels vous n’aurez pas plus de compassion, Sylvie Ohayon sait également nous transmettre la tendresse et l’affection sincère ressentie pour certaines des femmes de ce monde qu’elle essaye toujours d’adopter. 
« Ombeline préférait regarder les autres pour ne pas avoir à se voir. Elle me considéra longuement. Je distinguais ses yeux noisette un peu trop grands, et je croyais voir une enfant qui découvre noël et ses cadeaux. Elle était émerveillée par des choses minuscules. La couleur des cheveux d’une fille qui passe sous un rayon de soleil, le rouge du vernis qui s’écaille d’une autre. Le nuage que fait le lait quand il plonge dans une mer noire. Pas ravie de la crèche pour deux sous : Ombeline prenait le temps de regarder la vie autour. Et je pensais, voilà, c’est aussi ça être une bourgeoise, pouvoir s’offrir le luxe d’observer ce que personne ne prend le temps de voir. ». 

Nous régalant avec une plume acide, tranchante, gracieuse et définitivement juste les trois cents pages du roman défilent à une vitesse hallucinante sous nos yeux. Toujours surpris par le parcours des différentes bourgeoises présentées et soigneusement habillées des mots de Sylvie Ohayon nous n’avons pas le temps de nous ennuyer ou de tomber dans la redondance. Ayant accomplit une carrière dans la publicité en tant que concepteur rédacteur l’auteur ne peut que nous entraîner dans son récit avec des phrases savamment choisies et percutantes. 
« Les bourgeoises et le cul…Pas besoin d’être Michel Foucault pour comprendre qu’elles ne savent pas mettre de limites quand la lumière s’éteint et que le drap se referme sur elles. On leur a appris à tout cacher, à ne jamais se plaindre. On leur a montré que la vie réussit à celles qui se taisent, savent prendre sur elles. Alors, quand elles se retrouvent dans le noir, elles dévoilent leur part animale honteusement cachée. Elles hurlent, elles se lâchent. Elles rééquilibrent. » 


J’ai parfois eu la sensation de retrouver l’esprit vif, extrêmement critique et lucide du personnage d’Octave de 99 francs dans « Les Bourgeoises » dans la façon qu’avait l’auteur de décrire et de raconter sans détours des anecdotes et passages de vie (le passé publicitaire des deux auteurs y étant probablement quelque chose). 

Je recommande donc chaleureusement la lecture de ce roman nous transportant dans un monde pas nécessairement familier et que l’on apprend à redécouvrir à travers des yeux neufs, une langue aiguisée, une honnêteté à toute épreuve. Je vous laisse ainsi avec les lignes résumant probablement le mieux l’esprit affuté et autocritique de ce livre.
« A La Courneuve, où j’ai grandi, j’ai dû apprendre seule à survivre à la bêtise qui est la fille de l’ignorance. Elles, les bourgeoises, savaient la Connaissance qui permet de tenir bien haute la dragée. On leur avait montré les livres et les musées, elles connaissaient les manières qui sont la vaseline qui fait avaler en souriant des collines de merde. Elles vivaient leur vie comme on consomme un plat ; du coup, elles trouvaient souvent une justification morale à leurs actes de bêtes humaines. Et moi j’avais dix-sept ans. Je les détestais sans même les connaître et pourtant je voulais être elles. »


9.3.14

Petit precis du rouge a levres violet


Porter de la couleur sur nos lèvres nous le faisons toutes. Arborer du rose oui. Oser du rouge, pourquoi pas. S’habiller de corail, passe encore. Assumer le violet ? Là le doute se pose, alors je vais tenter de vous faire changer d’avis ! Vous allez vous dire que je suis devenue complètement folle avec les couleurs et que mes rétines ont probablement fini par cramer devant le flux de pigments qui défilent devant elles. Mais non, non, non je vous assure qu’elles se portent bien et osent et apprécient de plus en plus les teintes toujours plus folles sur mes lèvres. 


Aujourd’hui je vous présente mes rouges à lèvres violets, ceux qui semblent pour la plupart d’entre nous n’être que des teintes pour : les défilés, les gothiques, les folles, (les cadavres ?). A force d’acquérir de nouvelles teintes pour dessiner mes lèvres j’ai appris à adopter le violet et je peux vous assurer qu’il n’en est rien, le violet sous tous ses tons est tout à fait portable et plus facilement qu’on ne le croit. Alors oui c’est une teinte qui n’est pas nécessairement naturelle, vibrante et définitivement unique, mais elle se décline en tant de nuances qu’elle peut facilement séduire votre bouche sans que vous ne vous en aperceviez. 

Il faut savoir qu’il existe deux tons principaux de violets pouvant s’adresser à deux publics différents, selon leurs goûts, leur carnation, leur degré d’adaptabilité. On trouve d’un côté les rouges à lèvres violets à tons rosés et de l’autre ceux aux tonalités principalement bleutées et donc plus froides. J’aime porter les deux mais je me dois d’admettre que le maquillage du reste du visage devra radicalement changer selon le sous ton qui sera mis en avant pour ne pas virer clown. Mais ne craignez rien, je vous propose dès maintenant de partir à la découverte de cet univers coloré !


Dans la famille des rouges à lèvres violets aux sous tons rosés je possède plusieurs belles pièces de marques diverses et variées. Les violets à dominance rosée sont ceux pouvant  convenir à la majorité des carnations, plus proches de couleurs naturelles comme celles de nos lèvres et plus faciles à porter au quotidien ce sont ceux que je recommande avant tout pour se lancer dans la folie du violet. 


Dans la catégorie des « Le violet pour les débutantes » je propose le « Violine Strass » de Bourjois un rouge à lèvre crémeux et absolument pas pailleté sur les lèvres comme pourrait le laisser deviner son atroce nom. Très rosé il pourrait passer pour un fuchsia mais possède ce qu’il faut de pigments violacés pour passer de l’autre côté de la barre colorimétrique. Très, très, très facile à porter il s’associe avec tous types de maquillages même si je ne vous recommande pas de l’associer avec du bleu, le mariage ne serait pas tout à fait flatteur. Au niveau de la tenue elle est correcte mais ne survivra pas à un repas, il faudra donc conserver votre rouge à lèvre à portée de main. 



Pour rester dans la famille des violets portables et encore sortables en société je vous présente le « Feel my pulse » de MAC. Sorti lors d’une de leurs fameuses collections limitées il n’est plus possible de le trouver mais j’imagine que quantité de dupes doivent exister. Ce dernier bien que plus violet que son prédécesseur possède ce qu’il faut de sous tons roses restant abordable pour la plupart d’entre nous. N’étant plus commercialisé je me vois mal vous décrire sa tenue puisque vous ne le retrouvez probablement pas, cependant je peut vous dire qu’il est ravissant avec un maquillage champagne ou doré. 

Feel my pulse de Mac à droite de la photo

Entrons davantage dans le vif du sujet avec « Rebel » toujours de MAC. Rebel le fameux, devrais-je dire ! Plébiscité sur les blogs du monde entiers, les Mac Addict de Youtube et la plupart des fans de rouges à lèvres bien colorés il vous dit forcément quelque chose. Il s’agit là d’une teinte se situant parfaitement entre le rose et le violet (et c’est particulièrement vrai selon l’éclairage), pas assez doux et « chaud » pour appartenir aux roses et moins « froid » que la plupart des violets il demeure la plus jolie teinte de transition pour basculer du mauve-ais côté de la force (oui je sais elle est nulle). S’agissant d’un fini satin, le rouge est facile à appliquer et vous promet un fini semi-mat parfaitement portable en journée. Ayant comme effet de beaucoup marquer vos lèvres après quelques minutes de pose il laisse un effet « encre à lèvres » en s’atténuant au fil de la journée. Convenant à la plupart des carnations c’est le violet pour lequel je vous recommande de craquer en fermant les yeux. 



Probablement ma teinte favorite en matière de violet, le Poisonberry de Lime Crime est un rouge à lèvre absolument unique. Nettement plus froid que les bâtons présentés un peu plus haut il permet selon les couches et l’application d’obtenir deux tonalités complètement différentes. Posé au pinceau ou estompé au doigt il laisse ressortir de très beaux sous tons rosés, appliqué directement au bâton il est beaucoup plus froid et donne un aspect totalement différent au visage. Autre point positif il a une tenue relativement bonne et laisse également un effet « encre à lèvres » en s’atténuant. Enfin pour ne rien gâcher l’application est très facile et sa composition est totalement vegan. Un petit must-have que vous vous devez de posséder si vous décidez d’entrer dans la grande famille des violets !

Poisonberry a gauche 

Procédons désormais à la découverte des violets à dominance froide, moins faciles à porter ils conviennent surtout aux carnations très foncées ou très pâles, les peaux se situant entre les deux pouvant rencontrer plus de difficultés à les porter avec décontraction. Ne convenant donc pas à toutes les peaux ces rouges à lèvres font définitivement effet et se font remarquer dès qu’ils prennent place sur vos lèvres, ils ne seront pas les meilleures amies des timides mais les alliés des audacieuses. 


Parmi ces derniers on trouve le célèbre « Héroïne » par MAC. Très populaire auprès des fanatiques de couleurs vives et de caractère il est très bleuté et ne s’adresse pas aux plus frileuses en matière de violet. Possédant tout de même quelques sous tons rosés il ne refroidit pas complètement le teint mais je recommande de travailler sobrement son teint (sans l’affadir toutefois) et d’habiller ses yeux de couleurs lumineuses comme un champagne tirant vers le jaune. Sous sa forme en bâton le rouge à lèvre est une texture matte facile à appliquer et se répartissant de façon plutôt égale, il est très confortable et se laisse oublier au fil de la journée. 



Le crayon de la même teinte est une bonne base pour le rouge à lèvre mais peut également être porté seul rendant la couleur moins vibrante ou effrayante. Nettement moins bleutée elle peut être un bon moyen transition entre un rouge à lèvre au sous tons rosés et bleutés. Evidemment mat le crayon doit être appliqué sur des lèvres bien hydratées au préalable afin de ne pas les agresser avec la mine plutôt sèche et de répartir la couleur uniformément. 



Dans le même esprit mais encore moins discret on trouve le vernis à lèvres « Mauve fusain » d’Yves Saint Laurent. Egalement bleuté ce violet peut gagner en intensité au fil des couches, de même posé sur un crayon ou non l’effet ne sera pas nécessairement le même (plus rose ou plus bleu). Ayant la même texture qu’un gloss le vernis à lèvres rend la teinte toujours moins discrète sur votre visage c’est donc une couleur qu’il faudra savoir assumer. 



Enfin dernière teinte à l’honneur dans cet article un violet pas complètement bleuté mais définitivement plus sombre et contenant clairement des tons noirs il s’agit de « Sweet Succulence » de MAC. De texture « lustre » il n’est pas opaque et permet un voile coloré sur les lèvres, il n’y a donc rien à craindre vis-à-vis de la couleur du bâton carrément plus foncée. Ce n’est pas une couleur que je porte souvent car pas forcément facile à assortir, je recommande de porter un maquillage des yeux léger avec cette dernière. 



Comme vous avez pu le voir à travers cet article, le violet peut prendre toutes sortes de nuances et de formes selon ses sous tons et les teintes qui le composent. Il ne s’adresse donc pas nécessairement aux plus courageuses d’entre nous mais peut prendre sa place sur de très nombreuses bouches avec aisance. Evidemment les violets aux sous tons rosés sont les plus faciles à adopter mais les plus bleutés ne demeurent pas inaccessibles pour autant. 

Je n'ai pas osé les teintes les plus flashy ou les plus bleutées dès le début, j'ai d'abord procédé graduellement en abordant des couleurs rosées bien plus familières à celles que j'utilisais quotidiennement. Puis je me suis aperçue que les nuances violacées apportaient au visage une aura différente, légèrement intemporelle, spéciale et unique qui accroche immédiatement le regard. En réalité l'effet purement visuel et esthétique du violet m'intrigue et m'attire à la fois c'est pourquoi j'aime le porter de façon régulière. 

J’espère donc avoir pu vous faire découvrir cette couleur unique et vibrante et convaincre certaines d’entre vous à l’adopter dans les plus brefs délais !

2.3.14

Vous reprendrez bien un peu de Morange ?


Si je suis pendant longtemps tombée éperdument amoureuse des rouges à lèvres rouges je tombe depuis de nombreux mois sous le charme du dynamisme et de l’originalité des rouges à lèvres oranges. Dernier coup de cœur en date : Morange l’orange le plus vitaminé de la marque canadienne Mac. 

BOOM 
Je me rappelle parfaitement de notre première rencontre. C’était il y a plusieurs années, je n’étais pas encore dingue de maquillage et commençais tout juste à m’intéresser aux rouges à lèvres Mac. J’ai regardé l’arc en ciel de teintes habillant les présentoirs et me suis dit qu’il fallait être complètement folle et absolument décomplexée pour un jour vouloir porter la teinte Morange. Aujourd’hui des dizaines de couleurs différentes ont habillé mes lèvres, de nombreuses collections m’ont surprise et je vois désormais le rouge à lèvre et le maquillage d’un œil différent, plus amusant que sérieux et régi par des codes. 


C’est donc à l’aide de teintes orangées telles que « Lady Danger », « Ablaze », « Chili » ou encore « Watch me simmer » (toutes chez Mac) que je me suis naturellement tournée vers la couleur probablement la moins discrète mais définitivement la plus amusante : l’orange. Aussi vibrante que le rouge cette teinte intrigue néanmoins la plupart des gens pour son aspect moins naturel et plus tranchant qu’un beau rouge neutre ou rosé. Le rouge étant plus naturel vis-à-vis de la pigmentation de nos lèvres il reste en accord avec une certaine logique visuelle, l’orange lui va venir bousculer tout ça et sans vous faire ressembler à un clown mettre définitivement l’accent sur vos lèvres. 


Pour en revenir à mon coup de cœur du moment, Morange est un rouge à lèvre de la gamme permanente dans un fini Amplified c’est-à-dire très opaque et pigmenté tout en restant assez crémeux et lumineux. Ce n’est donc pas le type de rouge à lèvre que l’on pose en souhaitant obtenir un rendu discret et légèrement coloré, sa texture le rend par nature extrêmement présent. Vous pouvez éventuellement tapoter le bâton sur vos lèvres et l’estomper au doigt pour un rendu plus discret mais je vous recommande pour ce type d’effet un rouge à lèvre par définition plus transparent. 


Il est très facile à appliquer sa formule étant très crémeuse et agréable à travailler, je recommande toutefois d’appliquer du crayon au préalable afin de bien définir les lèvres. La matière étant opaque une erreur dans le tracé ou un mini débordement peut être très visible d’autant plus avec une couleur si marquée. De même la définition de vos lèvres à l’aide d’un crayon aidera le rouge à lèvre à tenir plus longtemps. J’utilise personnellement le crayon « Lasting sensation » de chez Mac pouvant convenir à tout type de rouge à lèvre ayant pour dominante teinte l’orange ou le corail. 


Une fois installé sur vos lèvres Morange ne se fait pas spécialement ressentir, vous savez que vous avez du produit sur les lèvres mais il ne génère pas l’inconfort d’un rouge à lèvre mat après plusieurs heures ou d’un rouge à lèvre collant à cause de sa brillance, il se fait donc rapidement oublier et vous laisse vaquer à vos occupations le plus naturellement du monde. Concernant sa tenue je la trouve très bonne, il est possible de le garder plusieurs heures sans qu’il ne bouge. Evidemment après un repas la couleur pourra s’être atténuée mais elle ne vous laisse pas avec un contour des lèvres hyper défini et des lèvres nues à l’intérieur, j’ai par habitude d’en remettre après chaque repas mais ce n’est pas indispensable si vous n’en avez pas le temps ou la possibilité. 


Vous l’aurez donc compris je suis totalement séduite par la qualité et l’originalité de cette couleur. J’apprécie sa très bonne pigmentation (indispensable pour des lèvres si marquées), sa couleur vibrante et dynamique, son originalité a toute épreuve. C’est pour moi la couleur qui va définitivement vous permettre de réveiller un visage et l’illuminer en moins de cinq minutes. L‘autre point positif est qu’il peut correspondre à de nombreuses carnations même si je le trouve particulièrement flatteur sur les peaux très pâles (il va merveilleusement aux blondes) et aux plus foncées. 


Pour le dompter j’utilise sur le reste du visage un maquillage assez discret pour ne pas me transformer en pot de peinture ambulant. J’aime appliquer une ombre à paupière claire et lumineuse telle que « Ricepaper » un champagne tirant légèrement vers le jaune que j’estompe au maximum en y ajoutant un très fin trait d’eyeliner pour définir un minimum le regard. Pour le reste du visage je travaille mon teint à l’aide d’une poudre  et d’un correcteur afin que la moindre imperfection soit gommée  les rougeurs pouvant clasher avec Morange. 


Sur ces photos je n’ai pas appliqué de blush ou de bronzer afin de garder un maquillage vraiment light et « naturel » et conserver l’effet frais que donne au visage et au teint la couleur Morange. 

A mon sens Morange n’est finalement pas la teinte la plus difficile à adopter si vous êtes déjà adeptes de couleurs telles que le rouge ou relativement vives comme le corail. Peut-être effrayant au premier abord on adopte très rapidement l’orage sur nos lèvres et on en redemande !

Alors qu’attendez-vous pour céder ? 


25.2.14

La minute MacGyver : Comment réparer un fard cassé ? (Et sécher ses larmes)


Vous avez fait tomber votre palette préférée ? Votre fard favori est réduit en mille morceaux ? Vous êtes à deux doigts de vous arracher les cheveux ? En plus Taylor Swift passe à la radio ? Pas de panique j’arrive avec la solution pour faire disparaître vos soucis et restaurer votre précieux fard. Votre palette pourra de nouveau retrouver sa superbe et vos paupières s’habiller de votre teinte favorite !


Pour commencer éteignez votre radio (c’est important pour vos tympans) puis réunissez quelques un des éléments importants pour le sauvetage de votre maquillage. Vous aurez besoin d’alcool à 90C°, d’une cuillère, d’un couteau a bout pointu, d’une pièce et d’un mouchoir, en somme une panoplie d’éléments accessibles et courants dans l’ensemble de nos quotidiens. 


Après avoir rassemblé les débris récupérables de votre fard et les avoir logés dans son précédent logement vous allez devoir les réduire définitivement en poudre. Avant cela, je vous recommande d’isoler les fards étant proches de celui que vous allez devoir réparer si possible, ceci évitera que les teintes ne se mélangent et s’abiment au fur et à mesure des différentes étapes de la réparation de votre fard. Personnellement j’ai utilisé du scotch, je vous invite également chaudement à ne pas le choisir trop « collant » afin de ne pas avoir de résidus de colle sur votre palette d’autant plus si le support est en plastique, ils seront difficiles à retirer (ce fut mon cas). Une fois le terrain bien préparé vous pouvez utiliser le manche d’une cuillère pour désolidariser le fard et le réduire en poudre. 



Votre fard est désormais aussi léger et aérien que de la purée mousseline en poudre ? Vous pouvez désormais porter vos lunettes de petit chimiste et vous emparer de votre cuillère et votre alcool à 90C°, si vous souhaitez bien mesurer la quantité de produit qui sera versée dans le fard vous pouvez déposer de l’alcool dans la cuillère et doser au fur et à mesure. J’ai personnellement d’abord commencé à doser avec la cuillère puis ajouté de l’alcool « à la louche ». Pour mélanger je vous recommande d’utiliser le bout du couteau pointu pour favoriser un mélange plus homogène et précis.



L’objectif est d’obtenir une matière assez fluide et onctueuse dépourvue de « grumeaux », n’hésitez donc pas à rajouter de l’alcool jusqu’à obtenir ce type de texture. Le couteau vous aidera ici à ne pas répartir de produit partout autour du contenant du fard, n’hésitez pas à essuyer votre couteau sur le rebord du contenant au fur et à mesure, vous pourrez nettoyer ensuite. 




Il va maintenant falloir aplanir le tout, votre fard ne peut pas garder l’aspect d’un château de sable sauvagement écrasé par des bambins en colère sur les bords de mer. C’est ici qu’interviennent votre mouchoir et votre pièce ! Vous devez ainsi positionner le mouchoir sur votre fard, actuellement à l’état de masse onctueuse, puis déposer la pièce sur le mouchoir. Pas de panique la pièce ne devrait normalement pas passer à travers le mouchoir ou l’ensemble de votre fard s’accrocher à votre mouchoir, tout va bien se passer. Une fois la pièce positionnée je vous recommande de la déplacer à l’aide de mouvements circulaires afin de bien aplanir le fard dans son ensemble. 



Si tout se passe bien votre fard est désormais bien lisse et devrait très prochainement retrouver sa forme d’antan (sans les jolis motifs pour mon cas, mais rien ne vous empêche de créer les vôtres si vous avez l’âme d’artiste). Il peut arriver que des bulles se forment et créent des « trous » mais ce n’est pas dramatique et ne nuira pas à la qualité du produit. 

Vous pouvez ensuite commencer à nettoyer les bords de votre fard ou les débris se trouvant sur les rebords de la palette. Ceci vous permettra de dégager les parties encore humides et plus conséquentes de fard avant qu’il ne sèche et ne s’effrite après avoir séché menaçant de se répandre dans les autres fards. J’ai personnellement utilisé le couteau pour les premiers déblayages mais vous pouvez aussi choisir un coton tige. 



Il vous faudra attendre une dizaine d’heures pour constater et récolter les fruits de votre travail. Votre fard n’est certes pas le même que lorsque vous l’avez vu pour la première fois mais il est de nouveau prêt à être utilisé et à faire honneur à vos jolis yeux. N’ayez pas de craintes quant à la pigmentation de votre fard qui n’aura rien perdu de sa superbe, les pigments sont toujours aussi concentrés et votre fard toujours pigmenté et définitivement estompable. Pour celles qui se poseraient des questions sur la dangerosité de l’alcool, il n’y en a pas, le liquide va permettre de solidariser les pigments entre eux et s’évaporera dans la dizaine d’heures après le mélange. 



Et voilà ! Votre fard préféré est dormais sauvé, ressuscité, un vrai miraculé ! Il va de nouveau faire la fête sur vos paupières, retrouver ses meilleurs copains et vous rendre heureuse si son absence vous avait pesé. Evidemment la technique est valable pour les blushs et poudres en tout genre, le seul changement résidera dans la quantité d’alcool nécessaire pour mélanger la poudre. 


J’espère que cet article vous aura aidé, il m’a personnellement permis de réutiliser pleinement mon Alchemy Palette de Lime Crime malencontreusement projetée au sol par ma maladresse.